Lichen plan

Sans l’indocile sous le cirrus,
la perpétuité en plus,
je ferai collusion.

C’est un mensonge :
la maison à son cou,
l’orfèvre des arbres et des poussières,
sous les pierres,  porte l’heure haute
au délot des couturières.
Affables et affamées en proie au pire doute du temps,
elles posent le regard sur l’aiguille l’après-midi
en pensant à leur marins de maris
toujours revenus des deltas et des baies d’assommoir.
Les soirs où,
comme sortis de la gorge des familles internées
derrière leurs volets claqués sur les fards qu’elles ont abandonnés au gris de la chaux,
paraissent les vins de leur accompagnement.
Oui, certains soirs. Et cela se répète en verre et en cris,
tant qu’il devient urgent de s’attabler dans le grand réfectoire.

L’éternité, c’est autre.

Nous sommes tous sans habits.

La maison, j’y retournerai car j’y suis retournée et j’en rapporte un rapport ici contre-signé :

C’est un carré blanc, le drap des mariés sur la terre descendante et
trempé des minuits passés à chercher les taies pour s’enfouir la validité et la langue
dans le plus noir que le noir du monde.

Quand je me penche sur l’image, c’est à l’intérieur de moi :

comme une peau retournée
une peau  hâve griffée
par les graminées et le ciel.
Tout le ciel qui ne passe pas par ses fissures : trop de soleil.

La maison est une clinique. J’y soignerai ma peau
sans personnel, ni blancheur.
Ma peau d’arrière-cour qui me retire du monde,
qui serait mieux de l’autre côté,
qui se frotte contre l’autre épaisse et sanguine.
Si bien que le grain roule en interne, accroche la paroi des sables,
roule torr et s‘épie à devenir cubique.

C’est un mensonge.
Les dés sont jetés dans les cercles de l’échéance.

Je ne compte plus, haleine.
Je ne compte plus, brise.

Il n’y a pas la mer et c’est mieux.
C’est mieux quand l’eau ne se mêle pas.

 

© Coline Termash – Droits Réservés –

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