Les Plateaux

 

Je n’ai plus d’yeux.

Ce trou dans mon tronc, c’est un vide.
Avant, dans les fissures du Sable d’Oran,
j’étais Crabe-Fard.
Avant, sur les plateaux de Fès,
la joie de mon damier filait
vers l’orée.
Redoute ton nom, ce discours solitaire.
————————————

La tarentule incite

et trempe sa grille.

————————————
Ce fût la contraction de la surface des terres en Europe :
transe et épouvante sur les visages-mes caucasiennes-
splendeur des maillots à rayures parmi
les bétonneuses géantes, tudesques,
avaleuses d’étoiles.

« Tous les violons au diapason ! » hurlait le Grand Uhlan
en Pologne.
Sous le cristal de la Capitale,
dans le luxe des lustres de Mathaus,
dans l’enfer des souris pleinement ouvert :
on pouvait voir filer le violet des diables
en pleine rue, en plein champ, aussi, par évasion des têtes.

Nos os et nos œufs : en collier.
Les ogres noirs et leurs offices :
nos serpents de Typhe pendus
au cou du Grand Braillard,
à chaque lune
nos rotules maigres, seule nacre,
empoignées par les Cannes-Fer sans plus de poids ni de loi.
J’étais Crabe-Fard.
De mon continent à corne plate
peut mon ange océanique,
peut en milieu de terrain.
Maintenant, roulent nos unités légères dans la neige
des moniteurs,
si blancs, si blanches,
que tout se calque.
Nos fronts sont limons à façon et
nous battons nos dieux
pour qu’ils livrent le surplus en dispense.
De mon continent à corne plate
peut mon ange océanique.
Médusés, nous sommes sans assise devant la mer, tassés, la mer tassée, ensemble en tas /
nuque ancrée / talons coquillages /
redondance triste des écumes, phare-buée,
oil et radar.
Sur les ondes des nations couchées,
le miel flou des histoires-relais
gave nos langues
et jaunit nos contes.
Ce monde ne parle pas,
ce monde cogne son monde
qui engrosse la bête et l’ânesse.
De mon continent à corne plate
peut mon ange océanique,
en milieu de terrain.
Le bras insulaire, Premier,
déchiré par la vague vague,
blanchi par le blanc des larmes, oh l’absente Absence !
fait saigner la terre toute entière dans un verre opaline,
fait se cogner les bracelets de l’hiver sur nos bras recouverts.
Le surplus :

une géographie-plexus capillaire
une diarrhée noire, chauffée sur la houle de nos reins,

la pauvreté en Utopie,

séquestrée par des garçons coiffeur coiffés Tennessee et ailleurs,
autour du peu de l’Histoire, en grenouillère !
Notre solde : l’émoi,
ce viseur de porcelaine et d’été,
industrieux dans les bassins,
frétillant comme une raie dans la friture.
« C’est une « donneuse » ! La Mort. »
Manchette :
« Le catéchumène des plaines d’Arras
meurt dans ses mailles. » titre la presse.
En Sicile, sous ces pylônes,
je conserve la Dame des septarias
sur une pellicule italienne
parmi mes bocaux de silice,

dans mon sac thaï.
Il faudrait un triptyque à hélice.
Je n’ai pas peint.
Je redoute mon nom, ce discours solitaire.

Davantage, ce coude me coupe.

© Coline Termash – Droits Réservés

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Les Groseilles

J’ai toujours aimé les groseilles

le creux du coude avec son rouge baiser

-elle se marie

c’est moi
avalant
devant la nef
les sombres sanguinaires cassis
je suis jeune et noire
et m’affale
à quatre heure
dans la courbe des mousses
la roue au clair
cliquetant  dans l’air illuminé des blés
illuminant
les calices d’un beau soleil d’août

aux jardins
il y aura des taches sur les habits
qui ne pourront plus resservir
les mères s’agaceront
j’ai toujours aimé les groseilles

aux poches gonflées par
les baies de la jeunesse
en creux
tenue par mes poignets
en creux
les quartz sang dans le fond
à faire cligner les yeux
de la fidélité

aux confitures
pour les petits
aux sirops épais
pour les petits
qui reviennent
les pieds nus et humides
après le bain dans la rivière

sans cesse ils se rapprochent
sans cesse ils trempent l’index
et signalent au grand corps de l’été
que les frondaisons animales ont débuté

j’ai toujours aimé les groseilles

le chasseur d’hirondelles
veut la confusion à sa table
– fin héros
il frise sa moustache
pleine d’opale et de lait
pose sa main à cals
sur l’épaule ronde et pleine de sa femme

la belle en tablier
près des paniers
lui rappelle le doute qui habite sa chapelle
pendant ce temps les enfants
sous les draps
dans l’attente des fruits nocturnes
s’essuient les doigts
sur leurs muscles de bronze

la fraîcheur de l’azalée sur l’évier
la fraîcheur des herbes sous la paille
trempe les reins
jusqu’aux blouses

rien ne vole sauf la poussière des farines
sur la transparence

j’ai toujours aimé les groseilles

© Coline Termash – Droits Réservés –

REVOLVERE

Dans l’ombre de mon visage
nous sommes deux

emportés par les nombres

dans le train qui mène à Valence
le train qui mène à Valence

J’ai posé sur la Table des Matières
mon entente avec les diables rouges.
Sans la chute,
je n’entends pas le dé
cogner la timbale.

Ce que j’entends : c’est l’écume de la distance.
Ce que j’entends : c’est la cendre frapper le fer,

les fastes éloignées des urnes,
chaque partie contre l’autre.
Résonne le cœur du derme
avec les tambours du Massacre !

Et,
ma tête perce l’air
pour l’autre côté de la terre,
à l’envers du reflet de la mer :

avec l’absence du linge sur le corps,
montée sur le taureau de l’Étranger,
je rejoins les troupeaux
sous le fouet du nerf.

Je filerai la brume  avec la craie qui couvre ma main.
Et, sans gant,
sur l’herbe où se couchent les rasés,
je blanchirai l’aube après le cuir obscur
pour que ce jour respire le sel.

Sur les plaines du Pô
je dirai les mots,
je tairai les nombres.

Dans l’ombre de mon visage
nous sommes deux.

Nous faisons un rêve
commun
où il est question d’automotrice
autrichienne :
cet aigre âcre romantique :
« è pericoloso sporgersi» :

Nous sommes deux.
Baignés et nécessiteux,
nous offrons aux sommes l’équilibre.

Loin des compartiments unitaires
je croise le fer avec l’armure de mes lèvres :

dans toutes les parties
avec toutes les contre-parties

sur tout les points
sans ponctuation.

Là où l’air se gaze : je croise le fer
et

M’ensoleille
à Marseille.
En somme,
Je veille.

Je n’ai pas de langue
sauf le chien sur ma nuque

 

© Coline Termash – Droits Réservés

≡ zôon politikon ≡


≡ zôon politikon ≡

Frères !

Les portes de l’avant claquent sur l’arrière et pendant

sans cesse

« C’est un coup du Dictator ! »

ce que dit un des mille soldats

:

les Pleutres-Rois
aux cubicules-miroirs
avec Hertz et ses tirs
de fond
sans la forme du fond
je déçois

le poil affecté
à présenter Bench et ses points
je marque

des trous que les chassés cendrés ont creusés
ils surgissent
larges comme des focs     tout en bout de rien
en acier-trempe
cultivateurs de bimbeloteries
et vendeurs de farces et attrapes

dompteurs de cirque aussi

Les boiteux boitent
borgnes
sous les frondaisons
ils s’exhibent
larguant le grand drap de la peau – Ohne Plasma

ou

le vol de nos collections de laine
par les commis
des commis
cachés dans nos belles capitaineries
celles adossées aux marais gelés
qui ont vu notre désertion.

Quelle bibliothèque ?

cf. cf.  la déférence cf. cf. épuise /

l’épuisement de notre catalogue
enfoui dans la toile nuageuse
du bordel tenu par des
cocottes fardées
bagottant

je bagotte
je libelle
ne me citez pas

la référence : un trou roux
comme une pièce de monnaie
crevant la falaise des craies
l’écartant pour les sans-cris des cours
énervés par le mauvais Avoir

Et    il fait une chaleur de tank dans l’Oural-Tube et son lit majeur
Et    il fait une chaleur de tank où  nous sommes emmenés
vers
vers

l’extérieur de la mer
l’extérieur de la terre

A la grossièreté nous sommes renvoyés
nous comptons nos quartz et nos micas
aux liqueurs excrémentielles nous sommes renvoyés

L’errance en ceinture pour tenir l’habit
nos opalines brillantes aux chevilles
et nos clochettes au cou ou au poing
c’est selon.
Nous chevauchons des poissons morts
nous sentons fort la tuerie

je lime
je perds

le lu des
journaux vierges
le mot dégradé en une lettre
lourd des sanctions sans matière
qui collent aux flaques urbanités
« Le transparent a été vu pour la troisième fois dans la fosse commune »
titre Le Soir
nous attendons nus pour l’exaltation du trou
c’est l’Unique
le seul Rendez-Vous

je perds ma peau
l’envers

où plus rien ne nous visite de l’Elysée
pas même les voyelles d’Amoria
notre bail claque la digue des sels
comme une demande comptable
le porte-voix électronique
de nos signatures identiques
celui qui a été transmis
à l’Empire du Second Degré
entre les barbeaux de la rade

Et dans les maisons
qui n’appartiennent à personne
l’ado-full   Logorrh
plonge son regard dans le Distract-Tube
le point de culture et de ramassage
des voix répandues de l’hystérie
tant elles bourdonnent
et l’ indulgence est déballée sur les vacillements du sens
et l’ indulgence se culbute
au cul du consul
Zéro-Grade
c’est la fin des étables et des salles à manger
la nonne s’enfile des You–Booké-Self-Faceman
et veut sa part box
rythmant la transmission à coup de Christ défait
vite profilée

l’envers merci
merci de ne pas spécifier
l’absence de ma définition
ce vide
du nommé merci

Le Poète et Le Marin

L’homme à haut de forme
partage ses cigarettes et ses cuirs
entre deux couvertures de l’armée
c’est le poète
il a une mauvaise tête à être resté
sous les unités du DreamTeam qui éclaire la Ville
« Quel bateau ? »
le seul à hésiter
« Je vous ai laissé une douceur extrême »
Son corps produit / la production /
La Production a balancé le dirigeable de nos voix
aux frontons des référendums
tractés par les nations

Le marin des Maîtres-Gratitudes surgit
des onguents
pleins de la résonance
des quinconces
et
prend le poète sur son dos de chaux à bâtir
et
hurle face aux téléviseurs pneumatiques

« A dextre ! A dextre ! »
« C’est bientôt le départ. » manipule le grand télégraphiste
le seul qui soit resté en fonction dans le ministère
« Je m’attarde en ces lieux de bravoure » dit le poète

Le marin le poète et le fonctionnaire
tout trois assis dans le bastringue
« Il faut bien vivre »
Son dos est chaud comme les blés avec un ciel éclatant du bleu de l’été

« Il faut mettre de la Couleur pour que çà apparaisse » hurle le poète
fou-soûl du sang qu’il avait sucé
sur les bouées
tout ce dimanche

mes os larmés
 limés
 lamés

à bord où
les putains ramassées
le long des fils du mois d’août
rêvent sous des lampes mexicaines à Europa
couchent avec le vide des ventres pleins
les embarcations alourdies de chairs à crédit
miment la danse des dés
et se balancent autant que celles restées à quai
et
tous foncent pour rejoindre l’absence des pâleurs

« No way / c’était maté »
coupe le marin devant les neufs officiels
tout juste élus par les Habituels
« Out » se mettent-ils à crier
dans un langage neuf comme un sou neuf
qu’on n’en sortira pas
et ils crient du fond de leurs beurs et de leurs roms
– Mademoiselle Nœud-Cou en  bout de ligne –
avec leurs yeux pétillants de mille chasses royales et à donf
que même l’Enfant les croit d’un Autre Monde
le poète s’assoit sur les pisses jaunes
des moins que présents
qui coulent à flot de l’Empire Levant
au cercle Paraguay

je suis sur la ligne de direction
la bête et moi

Alors que devant –
toujours devant –
on vend –
devant est à vendre –
devant se consume d’attendre avant
qui vend ?
« Mon major » /

C’est une loterie ce chef d’œuvre d’incontinence
né de la diarrhée des architectes-cac
les bâtisseurs de soustraction

Le poète est couché sur le dos du marin
et fait un doigt aux cathédrales du mitan
il récite et çà n’en finit pas dans la noyade hypnotique
certains mâchent   d’autres avalent
le papier ressortira
plus rien ne passe dans cette gigantesque digestion
sauf le transit
ce qui apparaît disparaît aussi vite que cela est apparu

j’écris
drapée dans ma descendance sans ligne
avec ce déficit  //   
sans la parenté

Mes résurrections aquatiques
fomentées par des Porcs-Inouïs
qui  sans crâne ni groin
perchés sur mes tables providentielles
ordonnent la décoction de mon contenu
à malt
globe ouvert sur le park
de la ixième Grande Surface
Alors que devant –
toujours devant –
ceux de la Plaine-Vol
vendent et revendent
pratiquent l’écho dans les tentes-ovins
c’est très court dans les tympans
il y a le musicien à haute chevelure
qui monté sur ses cordes et son archet
s’est attaché la bouche à la tête
l’hospice central doré par les développeurs
enregistre des cas de surdité totale chez de jeunes individus
qui pourtant retransmettent l’écho des Pupilles
La longue gueule des Bonnes-Façons engueule les peuples au pied palmés
car  ils ont sauté les écrits des Anciens
ont dévoré le boucan de tortue
avec leur cache-face
piqué de pous-races

L’oubli atroce
de l’atroce Tattoo
« On veut sa marque
et
c’est le + qui tatoue le + »
dit le marchand de sable

encartés
publiés
en place de l’indécence
à se répéter en unités conformes
la peur frisée de ne plus se reconnaître
les amène chez les maîtres-tatoueurs
ils se désignent de leur seul doigt restant
ils désignent au cas par cas
le trou-monnaie dans la falaise
si on venait à les oublier

mon front symétrique en contre-partie
 l’autre face aussi plate qu’ inversée
je suis in con nue sans titre
j’inverse
ma bouche sans dents

Une bille avec les tubes du monologue
le mono extatique
oh  grimper la chute des reins !
grimer grimer
grimer
la béatitude

« Vive le Mono » grave le Teen âgé
sur le tronc de son père endormi sous le tilleul

Seules les vieilles femmes font  encore sonner
la cloche des cantines à riz du Moon-Santo
et perdure ce claque
de chaque dimanche des jeûnes
où sous la fraise des canines
l’herbe des écumes est cotée au poids

« J’ai faim » dit l’Enfant seul à Midi

Entre les îles
l’eau verte se couvre des cheveux
des rasés
des perruques soldées
les casques en ivoire de toutes les guerres
flottent comme d’innombrables pots de chambre
et rejoignent les algues meurtrières
de l’enchevêtrement des sphères atones
« Cela communique. Cela est bien ».
et le chercheur de Fer à Repasser parlementaire
toujours sans âge
sous les ordres
de Chair-Peau
cherche une légende à rapporter sur  terre

La terre sainte et trois fois sainte
des naissances et des sacrifices
des encyclopédies
des petits tailleurs et des couturières
de nos pères
et arrière

Tout est bazar à force d’être bazardé
même les animaux sont dans le bazar
ma vache est dans le bazar
tout le vivant est dans le bazar
le temps ne passe plus
il s’additionne

Tous les petits hommes se décorent des os de l’abattage
du nez au poignard
osseux et brefs
c’est l’absolue redevance à la chute
c’est l’impôt parfait à l’Univers

« Trouvons le reposoir » dit l’Enfant
« Déjà ?»  répond la mère porteuse

Il pleut dans les corps
Succesfull-Joker
vend le ventre des hommes trans
pour des naissances bicéphales

Les rameurs fatigués des bourrées-salaires
censées les étourdir
jettent  la mémoire au réseau.
ils veulent s’enfuir et rejoindre
la Cour de l’Eden-Edifice
« Laissons cela, nous avons mieux à faire
et filons dans nos réduits
notre mémoire    elle part Camp »
je≡ je

ils chantent et embaument
une musique-musc à drisse de fer
pour toucher les bords de la terre
pour mieux séparer le sépia

Croyant à leur retour
le Gouverneur des Stylets
boit sa perfide confusion
et tombe ivre de lui-même
« NON COUPABLE »
écrase la bouche du Titan
sur les tours de la ville vide now
il demeure le tutélaire
aboyeur des usages
dans l’art du dressage des meutes
dans sa conséquence

reste l’ Homme vieux
je ne L’ai pas oublié depuis l’an 91de XX
je veux Le mettre là
l’Homme vieux des quartiers roses du XVIIIième carré de la Ville
je Le vois prier Dieu
sans sa chair
pour Le délivrer
à demi couché
à demi levé

Il sort ses avant-bras
de son long manteau
crevé de bière
et entre deux mécaniques machines
avec le réflexe du petit matin
brouillé par l’humide indifférence
s’assomme pour l’entassement final

déjà      déjà

Et la Poésie ? inscrit le poète sur une sardine
ce qui lui prit le temps
que prend le temps de vider une boite de fer

« L’ingénieur invente la mer en col blanc » titre Le Matin
un rapport est rendu à Coup de Manche
titré deux fois
pour ses travaux en sorcellerie divine

incontinents
sur la surface des eaux bienveillantes
on se récite la vague et la multiplication

dans chaque porcherie
à chaque coucher
en coupe
on éclaire l’ancien hippocampe
nos genoux en panier
pour compter nos crabes
dans chacune de nos juridictions

sans chevaux
le soir
quand la lune perd ses eaux
nous suivons les tortues
le long de nos chambres
pour filer
dans la chaleur des étoiles
Madagascar

c’est un sujet de longueur

il reste

je réside
je niche
au palais de ma langue

dans les loges magistrales
sans Galerie

il reste
que
nous avons nos pantalons
de chaleur
sur l’attache de nos chevilles
cerclées et grasses
flambantes à cuire
çà coule et çà grésille
avec l’éclat des mires
quand il fait nuit noire
à Rio

Il reste
à
glaner
pour le festin des tribuns gavés
des intendants gavés
nos broches à gâche
luisantes sous la grille
des tropiques

nous avons suivi la carte fournie au départ
nous avons pratiqué l’application

c’est l’amer
dans les cales

il reste
que
nous sommes poissonneux
nos écailles soulevées par le sel
trempés
nous courons dans les veines
de nos ombres à
nous dépecer
et enfin

nus devant un soleil en colère
figer nos faces
au grand ornemental

à patentes
à escomptes
à surseoir

à la douceur d’un  Printemps

© Coline Termash – Droits Réservés –

Lichen plan

Sans l’indocile sous le cirrus,
la perpétuité en plus,
je ferai collusion.

C’est un mensonge :
la maison à son cou,
l’orfèvre des arbres et des poussières,
sous les pierres,  porte l’heure haute
au délot des couturières.
Affables et affamées en proie au pire doute du temps,
elles posent le regard sur l’aiguille l’après-midi
en pensant à leur marins de maris
toujours revenus des deltas et des baies d’assommoir.
Les soirs où,
comme sortis de la gorge des familles internées
derrière leurs volets claqués sur les fards qu’elles ont abandonnés au gris de la chaux,
paraissent les vins de leur accompagnement.
Oui, certains soirs. Et cela se répète en verre et en cris,
tant qu’il devient urgent de s’attabler dans le grand réfectoire.

L’éternité, c’est autre.

Nous sommes tous sans habits.

La maison, j’y retournerai car j’y suis retournée et j’en rapporte un rapport ici contre-signé :

C’est un carré blanc, le drap des mariés sur la terre descendante et
trempé des minuits passés à chercher les taies pour s’enfouir la validité et la langue
dans le plus noir que le noir du monde.

Quand je me penche sur l’image, c’est à l’intérieur de moi :

comme une peau retournée
une peau  hâve griffée
par les graminées et le ciel.
Tout le ciel qui ne passe pas par ses fissures : trop de soleil.

La maison est une clinique. J’y soignerai ma peau
sans personnel, ni blancheur.
Ma peau d’arrière-cour qui me retire du monde,
qui serait mieux de l’autre côté,
qui se frotte contre l’autre épaisse et sanguine.
Si bien que le grain roule en interne, accroche la paroi des sables,
roule torr et s‘épie à devenir cubique.

C’est un mensonge.
Les dés sont jetés dans les cercles de l’échéance.

Je ne compte plus, haleine.
Je ne compte plus, brise.

Il n’y a pas la mer et c’est mieux.
C’est mieux quand l’eau ne se mêle pas.

 

© Coline Termash – Droits Réservés –

Les Mites


 La conséquence royale ne sera pas déduite de la somme finale

I

Or, fard ébène,

l’actrice.

(la pièce se décale dans le temps pour cause d’explication)

La chevelure abeillée, elle dit.

Elle est seule,

en fruit de gorge,

géante parmi les tissus géants,

éclats rouges dans l’ombre parallèle à son masque.

II

Sa réplique longue

où il est question de midi solaire

de délaissement et de broderie

de laisse enfantine autour de la nuque fine

l’héritier successeur abandonné par l’onagre orange

commence le taire

commence le taire

par soustraction de présence colorisée

par perte simple et brune comme la terre des mites

où il est question de trou dans le trou de la fosse des blés verts à l’heure du milieu

l’héritier est nu dans les herbes tait-tisse

se tait-pisse

offre au soleil ses écailles légères tapissières et bruyantes des nervures du cinabre

tatouant l’air de sa lune nénuphar et nomade

prévenant ses berges d’une possible arrivée

entre ses roseaux oxydés tresse des corbeilles vastes et rondes pour des œufs dans la passe entre deux murailles.

à midi toujours à midi

réverbération frissonnante du premier requiem non prononcé (à chaque)

le correct successeur dans ses thermes abandonniques

va perdre métronomique ses cernes focales

et enfoncer son seul battement oculaire et mirette

cardiaque d’avoir couru entre des visions lointaines

celles-ci ramenées remontées et rappelées

par la rossinante chevelue et grasse

(ainsi le dit l’actrice)

puis

aux mues délite des poèmes anciens

pose son talon majeur au centre de la terre et attend les attributs du Ciel

tient en haute estime sa cécité jusqu’ à lui faire franchir les orages pater

les soustractions mater

l’eau savante des matières fœtales

le rapporte au port domestique et en verre à midi toujours à midi

La Rosse

il fait une trace humide sur la terre

déserte sa brûlure mexicaine

se consume d’abeilles épineuses au goulot des culs de verre

se protège en trempe au bord du lavoir de ses tantes

il massacre la terre

afin de creuser le marbre

avec lequel tailler sa voix interligne

comme le lait de la couturière sous la lampe écorcée

et gobe les fruits des cormiers au-delà du fer

jusqu’à la dernière poussière des grillons

(L’actrice récite)

il pense aux hélices du langage

s’étend facile sur les traces pneumatiques

au milieu de la nappe conjugale et des coudes nacrés

barrés de pubis moites.

(L’actrice récite)

(Où est le père ? se demande l’auditoire)

III

(Chœur des Éphémères )

L’Arlequin récite le codicille avec

tous les criquets et leurs épouses

 

© Coline Termash – Droits Réservés –

L’inventaire de nos arrhes dans la liste Veydehre

L’inventaire de nos arrhes dans la liste Veydehre

tous

hument

…….l’un :

à la peine

chez les caporaux des Mines en  copies neuves et exemplaires

….. l’autre :

dans la Capitainerie

capitale

&

la fiche des peuples surnuméraires vole au vent de ma Grand-Mère Européenne

&

sous l’eau et pluie      hument

————————————————————————————————————————

0 1 0           sur les quatrième de couverture

le petit illustré et le rendu rose

plein de o

ourlent les merveilles de l’anthropoïde

                  /  derrière les croisées des gammes « solennelles »   /

les mœurs meurent      étatique extase

1 0 1    l’ordre d’empilement fosséen par périodes

bleu-azur

1 0 0    la latence des femmes sacrificielles patentées

au milieu des gorges antiques, l’air épuise la stratosphère à 6.30 p.m.

0 0 0    la poussière est devenue folle et féconde le sol pol pot

1 1 1      douleur blanche : les deux yeux sous la tringle céramique, retour par la Rampe

du Poli de Saxe

0 0 1    les terrasses  les outres longues

balles gaz

ventres enflés

et défilé de nuques blanches

——————————————————————————————————————-

tous hument

sans être nommé    en casquette de tricot    tricotée dans les campagnes de sa mère

couvert    il

regarde

se garde

garde

rempli de civilité costumière

n’écrit pas

n’écrit pas à son père

coche les options

copte

ne sait pas les annales de l’avorté saint et mille fois

Logos

les fleuves à canaux neutres

les écluses déplacées

le solde à gager

sclérose les scorpions actuels qui déplacent

des pierres phoniques actuelles aux compost

tous hument

bienséance et projection lactée :

le générique du début

Z  A   36

hors champ bouton d’or

archives et répétitions décennales

abscons

hors champ

le chant de la Pythie  doré  doré  toujours doré

le générique de la première lettre du Verbe

est

le générique de la première lettre du Verbe

l’oppose morte

ce lol mol

électrique pollen de l’espèce

en cache

dénature des astreintes

tous hument

quelle destinée, les chevaux ?

aux visières de verre luisant

sortant de la pluie

et battant la terre

la terre la battant

tant et tant

que le cœur se dissout

adverse lent

en belle unité

j’ai traversé le film 16.35                                            /  Nuremberg /

animal pauvre qui dort dans l’herbe jaune

et jeune

intense des vents dans les grains

HUMUS

 

© Coline Termash – Droits Réservés –