Les Mites


 La conséquence royale ne sera pas déduite de la somme finale

I

Or, fard ébène,

l’actrice.

(la pièce se décale dans le temps pour cause d’explication)

La chevelure abeillée, elle dit.

Elle est seule,

en fruit de gorge,

géante parmi les tissus géants,

éclats rouges dans l’ombre parallèle à son masque.

II

Sa réplique longue

où il est question de midi solaire

de délaissement et de broderie

de laisse enfantine autour de la nuque fine

l’héritier successeur abandonné par l’onagre orange

commence le taire

commence le taire

par soustraction de présence colorisée

par perte simple et brune comme la terre des mites

où il est question de trou dans le trou de la fosse des blés verts à l’heure du milieu

l’héritier est nu dans les herbes tait-tisse

se tait-pisse

offre au soleil ses écailles légères tapissières et bruyantes des nervures du cinabre

tatouant l’air de sa lune nénuphar et nomade

prévenant ses berges d’une possible arrivée

entre ses roseaux oxydés tresse des corbeilles vastes et rondes pour des œufs dans la passe entre deux murailles.

à midi toujours à midi

réverbération frissonnante du premier requiem non prononcé (à chaque)

le correct successeur dans ses thermes abandonniques

va perdre métronomique ses cernes focales

et enfoncer son seul battement oculaire et mirette

cardiaque d’avoir couru entre des visions lointaines

celles-ci ramenées remontées et rappelées

par la rossinante chevelue et grasse

(ainsi le dit l’actrice)

puis

aux mues délite des poèmes anciens

pose son talon majeur au centre de la terre et attend les attributs du Ciel

tient en haute estime sa cécité jusqu’ à lui faire franchir les orages pater

les soustractions mater

l’eau savante des matières fœtales

le rapporte au port domestique et en verre à midi toujours à midi

La Rosse

il fait une trace humide sur la terre

déserte sa brûlure mexicaine

se consume d’abeilles épineuses au goulot des culs de verre

se protège en trempe au bord du lavoir de ses tantes

il massacre la terre

afin de creuser le marbre

avec lequel tailler sa voix interligne

comme le lait de la couturière sous la lampe écorcée

et gobe les fruits des cormiers au-delà du fer

jusqu’à la dernière poussière des grillons

(L’actrice récite)

il pense aux hélices du langage

s’étend facile sur les traces pneumatiques

au milieu de la nappe conjugale et des coudes nacrés

barrés de pubis moites.

(L’actrice récite)

(Où est le père ? se demande l’auditoire)

III

(Chœur des Éphémères )

L’Arlequin récite le codicille avec

tous les criquets et leurs épouses

 

© Coline Termash – Droits Réservés –

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